Les Tafurs

"L'Ordre et le silence", création 2004



texte : Alain Julien Rudefoucauld

mise en scène : François Mauget



vendredi 30 avril 2004 - 21h
Pauillac - Salle des Fêtes


vendredi 7 mai 2004 - 21h
Reignac - Centre culturel

en coorganisation avec la Communauté de Communes de l'Estuaire.

vendredi 18 juin 2004 - 21h
Jonsac - salle des fêtes
en coorganisation avec la Communauté de Communes de Haute Saintonge

mercredi 25 et jeudi 26 août 2004 - 22h
Blaye - Chantiers de Blaye






Dans l'atelier de marionnettes, trois personnages jouent à jouer. L'un devient Max le dictateur, l'autre sa femme Hymen et le troisième Vigie son conseiller. Dehors, le peuple gronde, linsurrection menace.

Considérant comme admis tout jugement moral sur la dictature, Rudefoucauld choisit de donner la parole aux tyrans. Refusant le stéréotype et la simplification, il en fait des personnages intelligents et cultivés, justifiant leurs actes au nom de leur vérité.

Au travers de la folie du couple de dictateurs, c'est d'abord à l'humain et à ses injustifiables dérives que s'intéresse l'auteur. Mais il dénonce aussi l'aveuglement absolu que génère le pouvoir, tant dans les régimes totalitaires que dans les démocraties libérales.

En contre-point, Vigie, l'intellectuel, le bien nommé, va tenter de ramener un peu de conscience dans ce chaos. Il payera très cher sa lucidité tardive.

Enfin, il y a cette foule, aussi silencieuse que les spectateurs au théâtre, qui entretient ce rapport de domination autant qu'elle le subit. Et son silence parle. Son silence est un acte. Laisser faire est un acte.

Car la foule, tout comme l'enfant autour de la table familiale, réclame l'ordre et l'autorité ; et puis elle se rebelle et tue ceux qu'elle avait adorés. La fin de Max et d'Hymen prend alors des allures de meurtre parental. À la fois symbolique et réel, ce meurtre ne la délivre pas. Et ce peuple orphelin se précipite aussitôt dans dautres bras, tout aussi indignes, comme s'il avait tout oublié.

Mais tout cela n'est qu'un jeu, n'est ce pas... Et l'atelier de marionnettes continuera de fonctionner.


Pour François Mauget, cette pièce constitue un prolongement des thématiques et des enjeux théâtraux contenus dans Dancing, un texte du même auteur dont il avait réalisé la mise en espace dans le cadre de "Réseaux de Conduites". François Mauget a demandé à l'auteur de participer à des lectures publiques de ce texte. Pendant presque deux ans, le travail avec les acteurs et les retours des spectateurs ont permis d'ouvrir un large champ de réflexion autour de questions esentielles que pose cette pièce.


La mise en chantier d'une création


Pour "L'Ordre et le silence", la mise en oeuvre de la création a été accompagnée d'un travail de sensibilisation des publics mis en place au cours des résidences de la compagnie bordelaise à Pauillac et Reignac.
Après ces étapes girondines, c'est à Saint Sorlin de Cônac en Charentes que s'est poursuivi le travail de création, finalisé ensuite au TNT-Manufacture de Chausures à Bordeaux.


Résidence à Pauillac du 29 septembre au 9 octobre 2003


Le festival des Chantiers de Blaye et de l’Estuaire, l’IDDAC, la Ville de Pauillac et ses relais culturels se mobilisent pour partager avec les Pauillacais l'aventure artistique qu'est la création d'une pièce de théâtre. Pour que ce temps de travail soit aussi un temps de rencontres et d’échanges et pour faire la preuve que le théâtre n’est pas un lieu de consommation, mais un art d’aujourd’hui, qui parle des préoccupations de tous, les Tafurs ont souhaité également travailler avec des groupes de théâtre amateur.

Au cours de cette résidence, la troupe des Tafurs est intervenue auprès de la classe à PAC section théâtre du collège de Pauillac sur les thèmes du rapport à l’espace, du rapport au spectateur, et sur l'univers des marionnette.
Les Pauillacais ont pu rencontrer l'auteur Alain Julien Rudefoucauld à l'occasion d'un apéritif littéraire à la Maison du Vin et du Tourisme (avec le concours de la bibliothèque), assisté à un Ciné-débat autour du film Le Cas Pinochet en partenariat avec la Ligue des Droits de l’Homme section Médoc et M. Enzo Villanueva, président de la communauté chilienne de Bordeaux et découvrir la future création de la compagnie lors d'une répétition publique. En fin de résidence, tout le monde s'est retrouvé autour d'un repas convivial, l'occasion des derniers échanges et discussion avec les comédiens.



Résidence à Reignac du 5 au 12 décembre 2003


La Communauté de Communes de l’Estuaire et la Ville de Reignac accueillent en résidence le Théâtre des Tafurs pour la deuxième période de mise en oeuvre de leur création. Le festival des Chantiers de Blaye et de l’Estuaire dans le cadre du programme du SMIDDEST LEADER+, la Communauté de Communes de l’Estuaire et ses relais culturels se sont associés pour mobiliser le plus large public dans cette aventure artistique.
Les Tafurs sont intervenus auprès des associations de théâtre amateur des communes du Canton de Blaye et de l'Estuaire et de la classe à PAC section théâtre du collège de Reignac.
Le grand public a pu rencontrer l'auteur A-J Rudefoucauld en bibliothèque ainsi que les comédiens à l'occasion d'une répétition publique de la pièce. Tout comme à Pauillac, un ciné-débat a été organisé autour de la projection publique du film Le Cas Pinochet.


François Mauget, metteur en scène explique :

« Pour la compagnie, l’envie de travailler la prochaine création en résidence est liée à deux aspects : d’abord, l'équipe artistique a besoin de lieux et de temps de répétition pour fabriquer le spectacle. Ensuite et surtout, la ville d'accueil s'engage de cette manière à sensibiliser les habitants à une démarche de création. Le théâtre contemporain a souvent la réputation d'être abstrait ou élitiste ! Rencontrer les gens sur place, avoir la possibilité de leur expliquer notre travail, échanger avec eux sur le texte, tout cela contribue à mettre au placard les idées reçues et à leur donner l'envie, nous l'espérons, d'assister au spectacle fini quelques mois plus tard.
À Pauillac par exemple, nous avons travaillé en collaboration avec le Centre culturel, évidemment, mais aussi avec le collège, la bibliothèque, le cinéma. Autant de portes d'entrées différentes pour toucher les gens qui fréquentent habituellement ces lieux.
Par ailleurs, parallèlement à notre spectacle, nous allons monter une version plus légère de "l'Ordre et le Silence" avec des acteurs amateurs issus de différentes compagnies.
Il faut bien comprendre que ce travail de terrain n'est pas un gadget. Il permet à la compagnie de nourrir son travail tout au long des répétitions et aux futurs spectateurs de se sentir concernés par un acte artistique qui leur appartient de fait. Bref, de quoi briser la logique infernale de la consommation et redonner à l'art sa place véritable dans la Cité."


Résidence à Saint Sorlin de Cônac (Charentes) du 2 janvier au 4 février 2004 et au TNT-Manufacture de chaussures à Bordeaux du 5 au 24 avril 2004.



Missionnée par le conseil général de la Gironde et par le SMIDDEST dans le cadre du programme LEADER +, l’association élargit sa mission en dehors du temps du festival et sur le territoire de l’estuaire. Son projet est de mener une action forte au niveau artistique et culturel, qui implique la population, qui participe à l’échange et à l’intercommunalité, dans la durée. Elle souhaite chaque année réaliser une Création Annuelle des Pays de l’Estuaire (la C.A.P.E.), en s’appuyant sur tous les relais et forces vives des territoires, d’une part, en s’appuyant d’autre part sur des équipes artistiques de qualité, capables de s’inscrire dans ces échanges.
En 2004, la C.A.P.E. sera créée avec l’équipe artistique du Théâtre des Tafurs et son projet « L’ordre et le silence ». Elle est financée avec le soutien du SMIDDEST (dans le cadre de son programme Leader +), les Villes de Pauillac et Reignac, les Communautés de Communes de Haute Saintonge et de l’Estuaire, le Conseil Général de la Gironde, l’IDDAC, le TNT de Bordeaux, le Conseil Régional d’Aquitaine et le Ministère de la Culture.


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