du 17 janvier au 16 février 2005 Maître-assistante à l ‘Université
de Ouagadougou et chroniqueuse, elle publie en 1992 Le
Mal de peau (éd. Le Serpent à plumes), qui reçoit
le Grand Prix du meilleur roman Burkinabé : elle devient ainsi
la première romancière du Burkina-Faso. La société
africaine, les préjugés et le métissage sont autant
de thèmes traités dans ses œuvres avec sensibilité.
A travers ses héroïnes, Monique Ilboudo symbolise les relations
conflictuelles entre Africains et Européens. En partenariat avec la Ville de Floirac, l’iddac reçoit l’écrivain et femme politique burkinabée Monique Ilboudo pour deux mois de résidence non consécutifs. Installée au sein de l’agglomération de Bordeaux, dans les villes de Floirac et d’Artigues-près-Bordeaux, elle partagera son temps entre travaux d’écriture personnels et rencontres avec les publics de Gironde. Outre la rédaction de son dernier roman qu’elle espère achever à l’occasion de cette résidence d’auteur, Monique Ilboudo mènera une série d'interventions, lectures, conférences, débats… dans des bibliothèques, établissements scolaires et universitaires ainsi qu’auprès d’associations sur des questions à la fois littéraires, sociales et politiques. Femme de lettres engagée publiquement dans un combat citoyen pour
les droits humains, Monique Ilboudo apparaît aujourd’hui comme
une "voix" incontournable de l’Afrique. Gageons qu’elle
aura à cœur de transmettre aux gens d’ici sa vision
sur l’histoire et la société contemporaine africaine,
sur les relations parfois difficiles entre Europe et Afrique, sur les
orientations/les possibilités d’un développement solidaire
et bien entendu sur, comment être, aujourd’hui, au Burkina
Faso, un auteur et une femme. Une figure burkinabée, Monique ILBOUDO Maître-assistante à l‘Université de Ouagadougou, titulaire d’un doctorat en droit privé obtenu à La Sorbonne, Monique Ilboudo a débuté sa carrière en créant et animant de 1992 à 1995 la chronique « Féminin Pluriel » dans le quotidien burkinabé « L’Observateur Paalga ». En parallèle, elle a mis en place un Observatoire sur les conditions de vie des femmes au Burkina Faso, intitulée « Qui-vive ». Impliquée dans la vie politique de son pays, Monique Ilboudo a tout d’abord été membre du Conseil Supérieur de l’Information de 1995 à 2000 avant d’occuper le poste de Secrétaire d’Etat chargée de la promotion des Droits de l’Homme. Elle est aujourd'hui Ministre des Droits Humains. Elle est l’auteur de nombreux essais qui ont contribué à lever des tabous liés aux traditions de son pays et plus largement de l’Afrique. En 1992, elle publie « Le Mal de Peau » (éd. Le Serpent à plumes), devenant ainsi la première romancière du Burkina-Faso. Réédité en 2001, cet ouvrage a reçu le Grand Prix du meilleur roman burkinabé. En France, il est paru aux éditions du Rocher. Ce roman met en parallèle le destin peu commun de Sibila et de sa fille Cathy, née d'un viol. Ces deux femmes vont, chacune dans leur époque, se trouver confrontées au colonisateur blanc. A l'image de son peuple, Sibila sera violée par un commandant de bord. Née de ce viol, Cathy a du mal à vivre sa différence, et n'a qu'un rêve : retrouver son géniteur. A vingt ans, elle traverse la mer et vient étudier en France. Elle découvre Paris et sa banlieue, l'université, et tombe amoureuse d'un jeune Blanc. Mais après la mère, le destin de la fille sera à son tour marqué par les forces sombre de la colonisation. A travers ses héroïnes, Monique Ilboudo symbolise les relations conflictuelles entre Africains et Européens. La société africaine, les préjugés et le métissage sont autant de thèmes traités avec sensibilité. En 2000, paraît « Murekatete », roman écrit dans le cadre du projet « Rwanda, écrire par devoir de mémoire ». Il est édité en 2001 aux éditions du Figuier. Murekatete, c’est le nom d’une femme. Ca veut dire : « laisse-la vivre ! ». Le récit de Monique Ilboudo est l’histoire à la première personne, en peu de mots, de cette femme morte vivante, qui souffre du complexe du survivant. Pour comprendre et essayer de conjurer les cauchemars, Murekatete et son mari visitent les sanctuaires du génocide. Un geste désespéré qui ne fera que les précipiter plus vite vers leur ruine. La saisissante évocation du site de Murambi, construit pour accueillir la jeunesse en quête de savoir devenu charnier de près de 45 000 morts, décrit avec une grande sobriété, porte ce récit à son paroxysme. Le mérite de Monique Ilboudo est d'avoir su dépeindre, à travers le drame d'un jeune couple, celui de tout un peuple, avec une sobriété et une sensibilité qui donnent à ce roman sa force bouleversante. Monique Ilboudo a entamé aujourd’hui un nouveau roman dont
elle souhaite achever la rédaction lors de sa résidence
girondine. Femme de politique et de lettres, elle apparaît aujourd’hui
comme une « voix » incontournable si l’on veut mieux
comprendre l’histoire actuelle de la femme africaine.
Jeudi 20 janvier 2005 – 18h
- ANNULATION pour cause de grève des Biliothèques - Rencontre
reportée au mardi 8 février. Vendredi 21 janvier 2005 – 20h30 Samedi 29 janvier 2005 – 20h30 Lundi 31 janvier 2005 – 18h Vendredi 11 février 2005 –
19h
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